Le passage de la ménopause

Camille Sfez

Lorsqu’elles participent pour la première fois à une tente rouge, les femmes ménopausées demandent si elles ont leur place dans cet espace, n’ayant plus de menstruations. Comme si ce sang précieux était lié à leur identité de femmes et qu’en étant privé elles doutaient de leur appartenance.

Je ne sais pas ce que représente ce sang pour une femme qui n’a plus ses règles, n’ayant pas vécu ce passage moi-même. Serait-ce à la jeunesse, à la possibilité d’enfanter, au lien avec nos lignées ? Je peux simplement témoigner de ce que partagent les femmes ménopausées une fois cette question posée.

Une grande créativité se manifeste souvent après ce passage à l’âge mur, lorsque toute l’énergie pour créer un ovule est maintenant disponible. Notre pouvoir créateur, si intimement lié à notre essence féminine, se déploie alors à l’extérieur : écriture d’un livre, exposition de ses peintures, mise sur pied d’une communauté, etc.

La fin du cycle hormonal invite aussi les femmes à sentir leur nature cyclique avec plus de finesse. Plus dictée par les oestrogènes et la progestérone, l’humeur continue de changer, de passer d’un état d’ouverture à celui du retour à soi. Plus une femme a vécu ses cycles en conscience, plus elle est à l’aise pour sentir la continuité de ceux-ci après la ménopause.

Plus que nécessaire, la place des femmes sages dans la tente rouge est attendue, bénéfique et remerciée. Elles montrent le chemin aux plus jeunes, transmettent ce qu’elles ont résolu, témoignent de ce à quoi elles sont confrontées et enrichissent ainsi toutes les générations.

Camille Sfez


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