DOUCEMENT

Marie LeBlanc

Récemment, j’ai pris conscience de ma profonde soif de douceur. Elle est là depuis longtemps, mais j’y accordais plus ou moins d’attention. Depuis, jour après jour, je m’attarde à ce besoin. De la douceur, j’en veux. Je veux la créer et l’offrir. Comme Pauline Julien, ce soir j’ai l’âme à la tendresse, tendre tendre, douce douce.

Doucement les choses

J’ai passé l’hiver entier à l’extérieur, non par choix. La vie apporte ses bouleversements… À mon retour, en mars, quand j’ai tourné la clé dans ma serrure de porte, que je suis entrée dans mon nid, que j’ai respiré son odeur, sa propreté, que j’ai vu le cœur en roche grise appuyé à ma fenêtre de cuisine, ma boîte de thé vert japonais, des branches de cèdres oubliées sur une table, puis mon lutrin et ses chansons, mon étagère en bois remplie de livres, les parures de Noël qui, abandonnées en décembre, semblaient me souhaiter joyeusement bienvenue, qu’enfin j’ai entendu le craquement du plancher sous mes pieds, j’ai craqué moi aussi. Home sweet home. Avril est venu, accompagné d’une grande solitude pénible à vivre, de bas et même de très bas me laissant vide, abattue. Une période sombre – qui ne l’a pas vécue? – que j’ai dû apprivoiser. Puis, doucement, un pas à la fois, j’ai remonté la côte sans trop regarder en arrière, suivant la lumière qui me tirait vers le haut, jusqu’au moment de me sentir à la bonne place – la mienne –, de savourer pleinement le fait d’être revenue dans mes affaires. Je ne parle pas ici de possessions, mais plutôt du sentiment d’être bien entourée, de cette sensation de douceur qu’apporte le quotidien. On nous le ressasse : tout part de l’intérieur. Néanmoins, ne sous-estimons pas le pouvoir apaisant des choses du foyer. Après tout, c’est nous qui les choisissons, que ce soit pour leur beauté ou leur utilité. Je suis la première à décrier tout ce qui ressemble à une routine. Parce que je la regarde d’un seul point de vue. En y réfléchissant, mes petites habitudes et mes rituels, tous ces gestes répétitifs qu’on traite de monotones viennent souvent au secours de l’indomptable indisciplinée que je suis. Le bien-chez-soi favorise le bien-être-en-soi, et donc adoucit la vie. C’est ce que le printemps m’a dit.

Les choses, elles sont aussi pluie, chemin, papier, sens, voyage, écriture, désir, temps, légèreté, promesse, note de musique, lenteur, feu…

Marie
Mieux la connaître


2 thoughts on “DOUCEMENT

  1. Chère Marie,
    je suis séduite par ton récit qui me ramène à la joie de vivre à l’intérieur, qui donne de la valeur aux « choses » simples qui nous font du bien. Tes mots sont un appel au retour à la « maison », intérieure et extérieure. J’adore!

  2. Merci, Line, pour ton beau commentaire. Douceur et simplicité sont proches parentes. Chaque jour, toutes les deux, je les invite chez nous. Venez, venez! Transformez-moi, épurez-moi!

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