La fin de la femme domestiquée

Au regard des événements récents concernant les témoignages de nombreuses femmes abusées sexuellement suite à l’affaire Weinstein aux États-Unis, je me suis souvenue d’un chapitre d’un de mes livres préférés Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estes, une psychanalyste jungienne. Dans cet ouvrage au contenu inspirant et libérateur, l’auteure se réfère à des contes et à des traditions les plus diverses pour rappeler que chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Elle démontre avec brio que la société patriarcale n’a eu de cesse de vouloir domestiquer cette part noble et « sauvage » de la femme en la traquant, la capturant et la muselant afin qu’elle entre dans un rôle bien défini. De ce fait, la plupart des femmes ne sont plus capables d’entendre la voix de leur âme et de reconnaître les prédateurs.

C’est précisément dans le chapitre consacré à Barbe-Bleue qu’elle explique que, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, il existe une force qui se trouve en opposition avec le Soi, avec les instincts naturels. Elle insiste sur le fait que nous devons apprendre à la reconnaître, à nous protéger de ses ravages et à nous séparer de son énergie destructrice. Bien souvent, comme dans le conte, on éduque les jeunes filles à fermer les yeux, on leur demande d’être gentilles, et ce trait de caractère finit par se substituer à l’intuition, aux instincts. On leur apprend très tôt à se soumettre au prédateur.

Il appartient aujourd’hui aux parents et aux éducateurs de mettre fin à ce schéma toxique et de faire en sorte que les jeunes filles puissent garder intact leur instinct et développer leurs capacités intuitives.

Joëlle


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