Femme-Terre, respire !

Je t’ai donné mon corps parce que je ne voulais pas voir ma peur de toi.
Je t’ai donné mon corps parce que je n’avais pas d’espace où me réfugier à l’intérieur.

J’ignorais ma vraie valeur.

De moi, je m’éclipsais, je ne voulais pas voir ces émotions-là et sentir cette vérité. J’avais si bien appris à assurer.

Je t’ai donné mon corps parce que j’étais dans la confusion, incapable de savoir si je pouvais faire autrement, incapable de m’asseoir dans ma puissance, parce que dès le départ, les dés étaient jetés et le jeu complètement faussé.

Ma propre mère ne croyait pas tant en moi que si j’eus été né garçon et mon père, n’en parlons pas ! J’étais née fille et fille je ne pouvais, cela était certain, être aussi forte et sûre que si j’eus été née mâle.

Alors cela s’est incrusté dans chacune de mes cellules et ce, bien malgré moi. Je m’en défendais même.

Et pourtant, je reconnais tout en dedans, dans mon intériorité, que ce garçon d’à côté, je l’ai cru supérieur à moi, je l’ai mis au-dessus et ce, même quand je le chevauchais.

Et puis tout m’y rappelait, alors que je marchais mon chemin de femme sur les pavés de la raison faite souveraine, là où tous les messages sensitifs devaient être tus pour que se perpétue cette mascarade.

On pouvait bien tout dire d’ailleurs à ce sujet, édicter toutes les lois qu’on voulait sur nos dites égalités, mais cela s’était tatoué sur ma peau dès ma naissance fille, et la femme que j’ai été a sans cesse cru que tu devais, toi, l’homme plus puissant que moi, valider qui j’étais, me donner ma valeur.

Je t’ai donné mon corps parce que j’avais peur de toi et que je ne le savais même pas.

Et, de mères en filles, nous nous passions ce mensonge insécure, par ignorance, habitude et croyances à la pelle, pour un moins pire quotidien comme pour un meilleur idéalisé, afin de continuer à s’aveugler, faisant le lit de toutes les culpabilités dans nos vies rétrécies.

Et en faisant cela, comment aurais-je pu me donner à l’amour, cette énergie qui en appelle à toute ma conscience, toute ma puissance et un enracinement complet dans le sexe où je suis née, pour danser ensemble.

Et je veux danser, alors baissons ce voile en nous-mêmes en premier, que nous nous regardions dans les yeux de la vérité.

Ainsi peut-être, qui sait, par nos consciences rallumées, ré-éveillerons-nous cette terre, notre corps à chacune, et par nous toutes ré-empuissancées, la Terre entière qui s’étouffe dans la peur à force de ne pouvoir respirer sa juste valeur.

Notre juste valeur.

Sa*Ra
1er janvier 2018
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